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PIGEON
VOLE... A HAUTE ALTITUDE
Lorsque
le Conseil de direction de l’AJP a décidé
de mettre sur pied cette opération pratico-pratique –
"un problème d’indépendant ? Quelqu’un
vous écoute au bout du fil" –, votre dévoué
serviteur se doutait bien qu’il s’avançait
dans le brouillard. D’ailleurs la corne de brume avait retenti
dans son cerveau : "Il y aura énormément de
demandes et ce sera horrible à gérer". Un an
plus tard, il faut se rendre à l’évidence
: c’était une double fausse alerte.
Il n’y a pas eu énormément mais assez bien
de demandes. Une quarantaine, soit environ une par semaine. Et
ce ne fut pas horrible à gérer, mais très
instructif. Les questions provenaient surtout de jeunes, de débutants
que "l’on" – ah, ce pronom menteur qui en
dit long sur celui qui se cache derrière lui ! –
lâche dans la nature avec pour seule instruction "qu’ils
n’ont qu’à se faire indépendant".
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souhaitez bénéficier de ce service ? Prenez
rendez- par mail (blavier@skynet.be)
ou par téléphone
(02/ 569. 13. 33, en cas d’absence laissez un message
avec vos coordonnées). |
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Cela confirme que la plaie des faux indépendants n’est
pas encore cautérisée. Sur le plan formel, elle l’est
peut-être dans certaines rédactions. Mais sur le terrain…
Comment faut-il appeler celui ou celle qui reçoit ses instructions
d’un chef de service mais n’a pas de contrat d’emploi
? C’est un faux salarié. Et comment faut-il appeler celui
ou celle qui est indépendant(e) mais ne peut de facto travailler
pour un autre média que celui qui donne ces instructions ? Ce
n’est pas un vrai indépendant. Quand on est un faux salarié
et qu’on n’est pas un vrai indépendant, on est un
faux indépendant. CQFD.
Les
questions qui taraudent ces débutants sont toujours les mêmes
: comment s’inscrire dans une caisse d’assurances sociales
? Faut-il un numéro de TVA ? Est-il vrai que l’on ne doit
pas payer de cotisations de sécu quand on est indépendant
à titre complémentaire ? Qu’est-ce que je garde
comme net par rapport à mon brut ? Que puis-je déclarer
comme frais ? ... Il est impossible de tarir la source des faux indépendants.
Donnons à ces jeunes – et parfois moins jeunes –
les moyens de devenir de vrais indépendants. Au moins, ils seront
maîtres de leur sort.
Jean
BLAVIER
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COLLOQUE
INTERNATIONAL A LIEGE
L'AJP et sa section
liégeoise ont organisé, les 29 et 30 mars 2007 à
Liège (Vertbois), un colloque international pour parler
de piges et des difficultés que rencontrent les journalistes
indépendants en Belgique mais aussi en Europe et au Québec.
Autour de la table, des responsables de médias, des observateurs,
des journalistes, des représentants de cabinets ministériels,
des responsables d'écoles de communication et de journalisme,
des représentants de syndicats/unions professionnels étrangers.
Ce colloque a donné lieu à un numéro spécial
de 'Journalistes'.
Voir
le sommaire du numéro spécial et/ou le commander
Compte-rendus,
photos et vidéos du colloque sur le blog 'Carnet de campagne'
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PIGISTE,
PAS PIGEON ! UNE CAMPAGNE, POURQUOI ?
Derrière
la façade prestigieuse des grands médias francophones
de Belgique se développe un « prolétariat intellectuel
» dont le grand public ignore les incroyables conditions de travail
et leurs conséquences sur la qualité de l’information.
Revenus
inférieurs au minimex, barèmes inexistants ou fixés
à la tête du client, concurrence effrénée,
retards ou refus de payement du commanditaire, soumission absolue aux
exigences de l’employeur, textes commandés et jamais publiés…
Voilà
le sort que partagent de plus en plus de journalistes indépendants,
qu’ils soient rédacteurs, pigistes à la radiotélévision,
photographes ou caméramans.
Un
journaliste belge sur quatre est sous statut d’indépendant,
le plus souvent par obligation et non par choix. Rêvant de trouver
leur place dans la presse, les futurs professionnels des médias
n’ignoraient pas que les emplois salariés étaient
rares. Mais bien peu imaginaient que « la liberté de la presse,
fleuron d’une société démocratique »
dont se flattent volontiers les éditeurs était aussi la
liberté pour certains d’entre eux d’exploiter une main-d’œuvre
abondante et fragilisée.
Une
vaste enquête
L’Association
des journalistes professionnels francophones de Belgique (AJP-AGJPB) veut
faire changer les choses. En 2005, elle recueillait les témoignages
des pigistes dans toute la Communauté française de Belgique,
lors de réunions dans ses sections régionales. Elle a aussi
demandé aux journalistes indépendants de dire combien ils
gagnent vraiment. Plus de cent pigistes ont répondu. Ces chiffres
n’avaient jamais été publiés.
Un
livre et ce site sont nés de cette vaste enquête. Des actions
ont lieu pour sensibiliser les journalistes salariés, éditeurs,
rédacteurs en chef, mandataires politiques et responsables d’écoles
de journalisme.
Il
n’y va pas seulement de l’intérêt des pigistes
en difficulté. La précarité de leur statut met aussi
en danger le journalisme lui-même. Parce que la liberté de
la presse n’existe pas sans les conditions décentes de l’exercer.
| 2500
journalistes L’AJP
est l’union professionnelle des journalistes professionnels
francophones et germanophones de Belgique. Elle représente
quelque 2 500 journalistes exerçant dans des médias
– écrits, audiovisuels et en ligne – d’informations
générales. |
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