L’Association des journalistes professionnels, en collaboration avec sa section liégeoise, organise ces 29 et 30 mars au Vertbois (Liège) un colloque consacré à la précarité des journalistes indépendants.
La première journée de débats a débuté avec le mot de bienvenue du président de l’AJP, Marc Chamut, qui a souligné l’importance que prend, de plus en plus, le groupe des journalistes indépendants au sein de l’union professionnelle, représentative du secteur : en Belgique, un journaliste sur quatre est indépendant.
Martine Simonis, secrétaire nationale AJP-AGJPB, a retracé le cheminement de la campagne "Pigiste, pas pigeon !" qui a démarré, il y a deux ans : sept rencontres régionales ont été organisées en 2005 et 2006 avec les journalistes indépendants de la Communauté française, une enquête et appel à témoignages ont suivi dans la foulée . Restait à compiler et mettre en forme le matériel récolté : en septembre 2006, l’AJP publiait, en collaboration avec les éditions Luc Pire, "Le Livre Noir des journalistes indépendants", coordonné par Jean-François Dumont.
Pour en parler, Dominique Nahoé, membre du Conseil de l’AJP - où il représente les journalistes indépendants - et nouvellement président de la section liégeoise de l’union professionnelle. Reprenant les constats du "Livre Noir", il a notamment souligné la situation des journalistes stagiaires indépendants. En 2005, l'AJP en dénombrait quarante-deux et ils gagnaient, en moyenne, 1.554 € brut par mois. Quatorze d’entre eux gagnaient moins du salaire minimum de 1.200 €. Bien sûr, il existe des journalistes indépendants heureux, a souligné Dominique Nahoé. Mais, pour la plupart d’entre eux, les conditions d’exercice du métier sont particulièrement difficiles. "Certains, pour s’en sortir, écrivent jusqu’à sept articles par jour. D'autres ont même un deuxième métier", a-t-il expliqué.
Daniel Conraads, membre du Conseil de l’AJP, ancien président de l’AJP Liège et journaliste au Soir, a illustré le propos avec son expérience de la presse liégeoise. Se rappelant que, à ses débuts dans la profession il y a une trentaine d’années, les free-lances représentaient un phénomène marginal. Au début des années 80 - de nombreux titres existaient encore à l'époque (La Cité, Le Drapeau Rouge, La Wallonie...) -, la presse quotidienne liégeoise comptait 120 journalistes salariés contre une septantaine aujourd’hui. Et des 320 journalistes professionnels actuellement recensés en région liégeoise, 22,5% sont indépendants. Un portrait-robot proche de celui dressé sur l'ensemble de la Communauté française.

(L.D. / Photo : Michel Houet - TILT PHOTOGRAPHIE)