7 janvier 2008
Témoignage : "Un pigiste pigeonné"
Ajouté le 7 janvier 2008
Journaliste professionnel indépendant, Olivier (prénom d’emprunt) gagnait tout juste de quoi s’en sortir en vendant à un quotidien des articles – environ 70.000 signes par semaine – et des photos. "Jusqu’à la fin de 2006, nous écrit-il, j’avais une moyenne mensuelle de 1.300 €, ce qui me convenait." En 2007, le journal décide soudain de réduire le budget des collaborateurs. Olivier se voit obligé, du jour au lendemain, d’accepter un forfait mensuel de... 1.050 € brut. Avec des frais élevés de téléphone à sa charge, ses cotisations sociales et ses impôts, il lui reste environ 750 € net.
Ainsi, un éditeur se permet de réduire de 19 % les revenus d’un de ses collaborateurs sans autre explication que la compression générale (?) des coûts. Dans quel autre secteur professionnel ce genre de pratique serait-il toléré ? "Mon chef prétend avoir peur de se faire taper sur les doigts s’il dépasse une certaine limite budgétaire, témoigne Olivier. Je lui ai rappelé que ce qu’il me paie est brut. Il m’a répondu poliment que ce n’était pas son problème, que je dois être courageux et fournir des articles modifiés à d’autres médias. Mais quand le ferais-je puisque je lui consacre tout mon temps !?"
Le "social" façon XIXe siècle n’est donc pas mort chez certains éditeurs. Et pourquoi se priveraient-ils de faire des économies puisque la main-d’œuvre ne manque pas au portillon ? Pour Olivier, la conclusion personnelle s’impose d’elle-même : "Je songe à démissionner et à arrêter le journalisme". Il avait obtenu sa carte professionnelle voici bientôt un an... (J.-F. Dt)

