29 janvier 2009

Témoignage : "Interdit de travailler pour d'autres"

Etudiant en journalisme, j'ai pu décrocher une pige au sein du groupe Sud Presse. J'en étais enchanté. J'ai ainsi pu prendre de l'expérience, bénéfique pour mon futur. Pendant un an, j'ai donc combiné mes études et une collaboration de deux jours avec ce groupe, sans rouspéter même si parfois ce qu’on me demandait de faire était très peu formatif. Je m'accrochais en me disant que c'était bien pour mon avenir. J'allais vite devoir déchanter.
Après un stage, obligatoire dans mes études, au sein d’un autre quotidien, celui-ci m'a proposé de collaborer à sa rubrique sportive tous les samedis. Me voilà donc devant un cruel dilemme : continuer avec Sud Presse, choisir l’autre journal ou continuer les deux ?
J'ai choisi la dernière possibilité, désirant élargir mon horizon de travail dans la presse quotidienne belge. Le second journal était d'accord avec mon choix, mais le premier l’a refusé. Il s'est réfugié derrière l'aspect concurrentiel des deux quotidiens. J’ai demandé de plus amples informations, en vain.
Aujourd’hui, je reste frustré par l'attitude de certains rédacteurs en chef de la presse belge. Leur petite mentalité tue la passion de jeunes motivés, qui sacrifient certaines de leurs journées, avec le désir d'apprendre. Ils placent certains dans la misère, à la fois mentale mais aussi salariale.
Ils ont presque le droit de vie ou de mort sur les jeunes qui sortent de l'université. Je précise que chaque journée chez Sud Presse me rapportait 100€. Mais aucun contrat n'a été signé. J'ai essayé de m'impliquer dans une tâche où je devais mettre en page des dépêches de faits divers provenant des quatre coins du monde. Je pouvais également proposer des idées d'articles. En cas d'accord du responsable, j'écrivais mon article et il me rapportait 1€ pour 100 caractères. Les premières fois où j'ai demandé à me faire payer pour ces productions, il n'y avait personne qui savait me dire quelque chose de clair et précis, tous les responsables se renvoyant la balle.
Ces décisions et ces attitudes me font réfléchir sur mon avenir dans le monde du journalisme.


26 janvier 2009

Témoignage : "Ils ont changé mon article"

Novembre 2007. J’apprends via une petite annonce en ligne qu’un magazine recherche des pigistes. Moi, je suis en quête d’une collaboration pour arrondir mes fins de mois, selon l’expression consacrée, et décide d’y répondre. Ma candidature est retenue et je décroche un rendez-vous avec l’éditeur de cette publication, issu de milieux scientifiques. L’entretien se déroule comme s’il avait affaire à une débutante – qui compte tout de même plus de dix ans de métier – et délivrant les "consignes" de rédaction, il m’explique que "pour rendre l’article vivant, on aime bien les témoignages. Il nous arrive régulièrement de transformer quelques lignes de texte narratif en discours direct. Ce qui n’est pas mentir puisque c’est basé sur la réalité." Enfin, il me propose un test : écrire un article de 7.500 signes dans la quinzaine. Je commence à travailler le sujet imposé mais, de moins en moins motivée, j’informe l’éditeur que je retire ma candidature.
L’affaire n’est toutefois pas terminée. Fin du même mois, le rédacteur en chef du magazine en question me dit qu’il attend – à ma grande surprise, puisque personne ne l’a informé de ma décision – mon article de toute urgence. Il est prévu pour le numéro de janvier, en bouclage. Je cède et lui transmets un article dans les meilleurs délais. Accusé de réception formel puis aucune nouvelle.
Janvier 2008. L’article si urgent que j’ai rédigé n’a pas été publié. Je le découvre dans le numéro du mois suivant, que j’achète. Relisant ma prose, je constate, avec étonnement, que j’aurais interviewé une jeune femme. Utilisant un passage de mon article, on a tout simplement inventé ce témoin. Je suis furieuse mais décide de ne pas réagir à chaud, attendant que l’on me contacte d’abord. Ce qui se produit enfin fin février, lorsqu’une employée administrative me prie de lui envoyer ma facture. Tarif : 0,025 cent le caractère. Je m’exécute mais la facture me revient au motif qu’elle n’est pas "correctement" libellée ! Là je m’énerve : je les trouve subitement bien tatillons pour des gens qui ne se gênent pas pour changer votre article au mépris le plus total de vos droits d’auteur et de la déontologie. L’employée me répond que mon histoire ne la regarde pas mais qu’elle a bien transmis le message.
Mi-avril et un rappel plus tard. Mes honoraires ont enfin été réglés mais je n’ai reçu aucune explication de la part du rédacteur en chef ou, on peut rêver, de l’éditeur. Je ne m’attendais pas à des excuses mais au moins à un petit quelque chose qui s’appelle, tout simplement, le respect.