Témoignage : "Ils ont changé mon article"
Ajouté le 26 janvier 2009
Novembre 2007. J’apprends via une petite annonce en ligne qu’un magazine recherche des pigistes. Moi, je suis en quête d’une collaboration pour arrondir mes fins de mois, selon l’expression consacrée, et décide d’y répondre. Ma candidature est retenue et je décroche un rendez-vous avec l’éditeur de cette publication, issu
de milieux scientifiques. L’entretien se déroule comme s’il avait affaire à une débutante – qui compte tout de même plus de dix ans de métier – et délivrant les "consignes" de rédaction, il m’explique que "pour rendre l’article vivant, on aime bien les témoignages. Il nous arrive régulièrement de transformer quelques lignes de texte narratif en discours direct. Ce qui n’est pas mentir puisque c’est basé sur la réalité." Enfin, il me propose un test : écrire un article de 7.500 signes dans la quinzaine. Je commence à travailler le sujet imposé mais, de moins en moins motivée, j’informe l’éditeur que je retire ma candidature.
L’affaire n’est toutefois pas terminée. Fin du même mois, le rédacteur en chef du magazine en question me dit qu’il attend – à ma grande surprise, puisque personne ne l’a informé de ma décision – mon article de toute urgence. Il est prévu pour le numéro de janvier, en bouclage. Je cède et lui transmets un article dans les meilleurs délais. Accusé de réception formel puis aucune nouvelle.
Janvier 2008. L’article si urgent que j’ai rédigé n’a pas été publié. Je le découvre dans le numéro du mois suivant, que j’achète. Relisant ma prose, je constate, avec étonnement, que j’aurais interviewé une jeune femme. Utilisant un passage de mon article, on a tout simplement inventé ce témoin.
Je suis furieuse mais décide de ne pas réagir à chaud, attendant que l’on me contacte d’abord. Ce qui se produit enfin fin février, lorsqu’une employée administrative me prie de lui envoyer ma facture. Tarif : 0,025 cent le caractère. Je m’exécute mais la facture me revient au motif qu’elle n’est pas "correctement" libellée ! Là je m’énerve : je les trouve subitement bien tatillons pour des gens qui ne se gênent pas pour changer votre article au mépris le plus total de vos droits d’auteur et de la déontologie. L’employée me répond que mon histoire ne la regarde pas mais qu’elle a bien transmis le message.
Mi-avril et un rappel plus tard. Mes honoraires ont enfin été réglés mais je n’ai reçu aucune explication de la part du rédacteur en chef ou, on peut rêver, de l’éditeur. Je ne m’attendais pas à des excuses mais au moins à un petit quelque chose qui s’appelle, tout simplement, le respect.


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