La campagne de l'AJP pour les journalistes indépendants - Acte 2
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Aux Assises internationales de journalisme (4) : « Une question violente » (Hervé Brusini)

11 mars 2007 /// Catégorie : Pigistes d'Europe et d'ailleurs

Intervenant de l’atelier « Comment prévenir les tsunamis médiatiques ? » aux Assises internationales du journalisme, le 8 mars à Arras, Hervé Brusini, directeur délégué de l’information à France 3, a parlé « d’état d’alerte » du journalisme. « Face à cela, il y a un rappel à l’ordre colossal qui est le web, qui sont les blogs. Les citoyens du monde hurlent le fait qu’ils existent et qu’ils veulent être reconnus en tant que tels. Je souhaiterais que ce ne soit pas le tocsin de la profession mais une sirène alertant les journalistes : refaites ce pourquoi vous êtes payés. Ça veut dire que les 35 heures sont une aberration pour le métier parce que, quand on est dedans, il faut le faire de manière totalement investie. » Reste que si l’exigence professionnelle veut que l’on ne compte pas ses heures de travail, celles-ci deviennent de moins en moins bien rémunérées. La précarité, un élément déterminant de la crise que le journalisme connait actuellement ? Hervé Brusini ne le croit pas, même s’il reconnait qu’il s’agit là d’une question violente.

Ecouter le podcast :

« On ne peut pas réduire la crise du journalisme à la précarité du statut de journaliste. Il y a une crise au fond, sur ce que nous faisons, sur notre rôle en société. La précarité est une terrible question qui doit être réglée comme toutes les questions de précarité : dans un vrai dialogue social. Ce n’est pas simple car l’argent vient à manquer alors qu’il est devenu une valeur dans l’exercice de notre métier. Quand je suis arrivé à la télé, je n’entendais parler que peu de budget. Aujourd’hui, nous avons tous intégré la notion budgétaire. C’est peut-être un bien car on sait bien que l’indépendance c’est la maîtrise de l’argent qu’on utilise. Je préfère que nous en soyons maîtres plutôt que d’autres qui n’ont que des préoccupations de gestionnaires. Mais tout ça a engendré, dans beaucoup des lieux de travail journalistique, une précarité élevée. C’est une question violente que doivent résoudre tous ces organes de presse. La précarité n’est pas la seule à expliquer la crise du métier mais c’est effectivement un paramètre important. »