La campagne de l'AJP pour les journalistes indépendants - Acte 2
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Quatre journalistes pigistes sur 10 gagnent moins de 2.000 € bruts

4 novembre 2011 /// Catégorie : La campagne

Revenus inférieurs aux tarifs conventionnels, barèmes inexistants ou fixés à la tête du client, tarifs inchangés depuis plus de dix ans, concurrence effrénée, disparités des rémunérations au sein d’un même média, retards de payement du commanditaire…

Les constats alarmants que dressait l’Association des Journalistes professionnels (AJP) voici cinq ans sont hélas toujours d’actualité pour la plupart des 497 journalistes indépendants (stagiaires et professionnels) de la presse francophone belge. En 2006, l’AJP avait effectué une enquête permettant de connaà®tre et révéler la réalité des tarifs pratiqués à la pige.

Elle avait ensuite publié Le Livre Noir des journalistes indépendants et lancé sa campagne de sensibilisation « Pigiste, pas pigeon ! ». En 2011, l’AJP a renouvelé cette enquête.

Menée durant l’été 2011 par courriel, cette seconde enquête a recueilli les réponses de 152 pigistes de tous médias et de toutes fonctions. Le nombre de médias est beaucoup plus large qu’en 2006.

L’enquête a permis d’établir un nouveau relevé des tarifs réellement pratiqués et de dresser quelques grands constats :

  • Plus de la moitié (52, 6%) des journalistes indépendants, ne gagnent pas plus de 2.300 € bruts par mois, ce qui représente, pour les mieux payés, moins de 1.700 € nets. Quatre pigistes sur 10 vivent avec moins de 2.000 € bruts et 13% des répondants à l’enquête perçoivent moins de 1.000 € bruts.
  • Pour la plupart des journalistes indépendants, les rémunérations sont restées inchangées depuis au moins cinq ans, ce que la comparaison entre les deux enquêtes de l’AJP confirme globalement.
  • La disparité des tarifs pratiqués, non seulement entre médias d’un même secteur, mais aussi au sein d’un même groupe éditeur reste frappante. L’opacité du système de rémunération et l’absence de critères objectivables restent de mise.
  • La relation entre le pigiste et le média client reste totalement régie par le second, imposant abusivement des clauses de non-concurrence, la cession gratuite de droits d’auteur ou des prestations de faux indépendants.

« Pigiste, pas pigeon ! » : acte 2 : union professionnelle de tous les journalistes, salariés comme freelances, l’AJP est déterminée à lutter pour la revalorisation des rémunérations des pigistes et contre les atteintes à leurs libertés d’indépendants. La campagne « Pigiste, pas pigeon ! » est donc relancée vers cet objectif, au moment o๠les associations de journalistes de toute l’Europe célèbrent ce 5 novembre la journée annuelle Stand Up for Journalism !

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