La campagne de l'AJP pour les journalistes indépendants - Acte 2
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Un collectif pour défendre les pigistes de Notélé

10 janvier 2013 /// Catégorie : Les témoignages

noteleArticle publié dans Journalistes n°143 (décembre 2012)

Une trentaine de collaborateurs indépendants de la télévision de la Wallonie picarde, Notélé, ont créé un Collectif. Objectifs : combattre la précarité de leur statut et voir leur travail reconnu à sa juste valeur.

Voici des extraits du courrier que ce Collectif a adressé à la direction de la chaîne. Un appel à dialogue qui a été suivi de rencontres avec la direction.

« (…) Au quotidien, la trentaine de correspondants que nous représentons participe activement à la vie et à l’évolution de la chaine. Derrière chaque séquence, chaque sujet, chaque émission, se cache la participation de l’un d’entre nous.

Depuis quelques années nous sommes ciblés comme les principaux responsables des difficultés financières que rencontre l’entreprise. Cela ne nous empêche pas de nous investir avec passion dans ce métier que nous aimons. Chacun d’entre nous consent au quotidien à de larges sacrifices personnels, malgré un manque de reconnaissance flagrant et des horaires qui nous obligent à travailler de nuit et les week-ends, sans compensation financière. Notre fidélité et notre disponibilité ne sont une fois encore pas récompensées. Mais derrière les coûts que nous représentons se cachent avant tout des êtres humains, des pères et des mères de famille, des époux et des épouses, des jeunes expérimentés ou simplement des passionnés.

Notélé a souvent été décrite comme une grande famille, dont nous nous sentons orphelins. Nous avons conscience d’exercer un travail qui nous passionne, et qu’aucune promesse ne nous a été faite quant à notre futur, mais la situation est devenue telle que nous

ne pouvons plus envisager l’avenir sereinement.

Ces dernières semaines l’afflux massif de stagiaires a renforcé la précarité de nos conditions de vie et de travail. Le collectif ne remet aucunement en cause le principe de formation en entreprise, mais aspire simplement à une certaine modération. On ne peut demander à un jeune en formation d’assumer pleinement les fonctions d’un professionnel. Il en va de la crédibilité et de la qualité des programmes de Notélé. L’entreprise nous confronte à cette concurrence déloyale dont nous devons souvent assurer la formation, créant ainsi un malaise nuisant à l’ambiance de travail. Des inquiétudes qu’ont partagées les membres de la Société des journalistes lors de leur dernière réunion.

Notre collectif n’a pas juste pour but de s’apitoyer mais veut également proposer des solutions concrètes. Cette première lettre est un appel au dialogue. Nous souhaiterions une plus grande implication dans les diverses réunions qui rythment la vie de l’entreprise. Conformément à la proposition émise par la SDJ, assurer une meilleure répartition des périodes de stage et assumer en interne la formation des stagiaires. Notre collectif souhaiterait également que l’on veille à entretenir de façon plus régulière notre matériel de travail, à établir une transparence tarifaire, mais surtout à revaloriser les travailleurs que nous sommes. (…) »

Le collectif des correspondants de Notélé