La campagne de l'AJP pour les journalistes indépendants - Acte 2
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Les tarifs pratiqués en 2011-2015

Dire qu'il y a autant de tarifs que de médias est en dessous de la vérité. C'est bien pire ! Et pour ne rien arranger, les systèmes multiplient les variantes.

Illustration : Kanar La première enquête menée par l'AJP auprès de plus de 100 journalistes indépendants mettait en lumière une forte disparité des rémunérations : au signe, au mot, la ligne, l'article, la page, l'heure, au forfait par jour, au forfait mensuel

Menée durant l'été 2011 par courriel, une seconde enquête a recueilli les réponses de 152 pigistes de tous médias et de toutes fonctions. Le nombre de médias est donc beaucoup plus large qu'en 2006. L'enquête a permis d'établir un nouveau relevé des tarifs rellement pratiqués et de dresser quelques grands constats :

Plus de la moitié (52,6%) ne gagnent pas plus de 2.300€ brut par mois, ce qui représente, pour les mieux payés, moins de 1.700€ nets. Quatre pigistes sur 10 vivent avec moins de 2.000€ brut et 13% des répondants l'enquête perçoivent moins de 1.000€ brut.

Pour la plupart des journalistes indépendants, les rémunérations sont restés inchangées depuis au moins cinq ans, ce que la comparaison entre les deux enqutes de l'AJP confirme globalement.

La disparité des tarifs pratiqués, non seulement entre médias d'un même secteur, mais aussi au sein d'un même groupe éditeur reste frappante. L'opacité du système de rémunération et l'absence de critères objectivables reste de mise.

La relation entre le pigiste et le média client reste totalement régie par le second, imposant abusivement des clauses de non-concurrence, la cession gratuite de droits dauteur ou des prestations de faux indépendants.

De juillet à octobre 2015, pour la troisième fois, l’AJP a mené une enquête sur les tarifs pratiqués par les médias belges francophones envers les journalistes indépendants. 75 journalistes y ont participé.

Cette enquête a permis, comme nous nous y attendions, de dresser un constat majeur : rien n’a changé ! Que ce soit pour les photographes, les journalistes ou les caméramans. Qu’ils exercent dans la presse écrite, audiovisuelle ou numérique. L’information qui est produite par les freelances est indignement rétribuée et les tarifs pratiqués n’ont pas bougé depuis 5 ou 10 ans, voire plus.

Par ailleurs, les tarifs peuvent être sensiblement différents d’un média à l’autre. Certains médias payent comme un jour ouvrable le travail le week-end ou les jours fériés ; ou exigent la cession des droits d’auteur. Le non-paiement de frais de déplacement ou la republication « gratuite » d’un article online sont légion.

Voir les tarifs minima obligatoires et le barème minimum recommandé par l'AGJPB

Voir les tarifs pratiqués par les médias en 2015